Mathias BLANC

Coordinateur ANR VISUALL (2013-2017), chercheur contractuel CNRS, Institut de Recherches Historiques du Septentrion, Université Lille 3

Histoire de l’art et sociologie Outre-Rhin. Emprunt et glissement théoriques de la méthode documentaire (die dokumentarische Methode)

Les trois phases de la méthode iconologique élaborée par Erwin Panofsky dans les années 1930 fournissent depuis leur énonciation un cadre interprétatif exploité et discuté en histoire de l’art. Néanmoins, la référence à la méthode interprétative ternaire du sociologue Karl Mannheim semble s’évanouir passée la frontière rhénane.

En effet, les échanges entre l’historien de l’art et le sociologue expliquent les similitudes existantes entre les deux méthodes. Dans l’espace académique germanique, ce rapprochement est connu et reconnu. A ce titre, la méthode documentaire (dokumentarische Methode) promue par le sociologue Ralf Bohnsack depuis le début des années 2000 s’inscrit dans cette filiation, tout en cherchant à renouveler l’approche de Mannheim.

L’objectif de la démarche ternaire initiale, à savoir le dévoilement d’un savoir conjonctif propre au milieu et à l’époque observés (Dokumentsinn), va être poursuivi et enrichi des apports de la théorie de la pratique développée par Pierre Bourdieu et de la démarche de l’historien de l’art Max Imdahl intitulée « Ikonik ». Des lignes de convergence ou de rupture entre historiens de l’art et sociologues se dessinent. Les études des cultures visuelles font ainsi l’objet de perspectives variées qui nécessitent d’être situées dans leur filiation épistémique pour saisir les jonctions et bifurcations théoriques qui président à leur portée analytique. Cette communication se focalise sur les glissements théoriques et les évolutions institutionnelles qui ont porté la méthode documentaire Outre-Rhin et interroge sa faible réception française.

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